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La nouvelle image

Si l’objet, la forme et les couleurs sont captés par un appareil photo, l’appareil traduit en quelque sorte ceux-ci par l’intermédiaire de l’objectif et de la chambre photographique. Ce passage donne naissance à une nouvelle image "pixélisée".

Comment cette traduction s’opère-t-elle ? L’image captée par l’objectif (comme notre rétine) est transférée à la chambre de l’appareil (tout comme pour nous, au cerveau).
 
Le peintre peut-il se réapproprier alors  l’image photographique déjà traduite ? Cette traduction automatique par un simple appareil mécanique ou électronique supprime-t-elle l’intervention "humaine" optique et ses interprétations personnelles, les dysfonctionnements optiques. Le travail du peintre est-il dans ce cas remisé au rang de simple copiste, regardeur ?

On constate que la réfraction et réflexion de la lumière persistent. Mais les dysfonctionnements optiques spécifiques à certaines personnes prennent le pas sur l’appareil photo :
 

La perception de la couleur ou des formes par l’être humain reste spécifique à chaque personne. Certain dysfonctionnements internes optiques provoquent même une perception différente des « couleurs lumières » ou des « couleurs pigments ».
 

Ces troubles ne seront pas annulés par le rendu de la machine :
-    Simultagnosie dorsale (le cerveau ne capte et n’analyse qu’un unique objet à la fois),
-    Daltonisme ( vision sélective des couleurs ), etc.

 

La pixellisation :

Ce phénomène photographique de matérialisation des ondes électromagnétiques permet de découvrir un nouvel univers pictural. Cette transformation physique de l’image par de simples carrés disposés en groupes colorés nécessite un décodage particulier  du cerveau par l’intermédiaire de l’œil. Plus les pixels seront agrandis, plus notre cerveau devra faire un effort de ‘’traduction’’.
Dans « 961 carrés peints à l’huile ou la Révélation de l’Homme Aux Deux Visages »  le cerveau va décoder, puis transformer  et interpréter l’ensemble de ces carrés de couleurs en formes, traits et masses colorées précises. Lors de ce phénomène optique, les gauchers mettent plus de temps à en découvrir l’image... Mais dans tous les cas, le cerveau a besoin d’un temps variable pour la recomposition de l’image, de l’ordre de 1 à 5 minutes.

 

Sa réalisation :

Le tableau a été  terminé en 5 mois. Ce travail, est réalisé dans le respect des techniques anciennes. Les 961 carrés sont peints à  partir des 3 couleurs primaires et d’un blanc de plomb, mariées entre elles par un médium à la résine Copal, huile  noire et essence d ’Aspic.
Après un recadrage et un traitement de la lumière et du contraste, je "modifie" cette image en un agrandissement des pixels existant. Le Regardeur ne pourra donc pas décoder cette image s’il la regarde de près et si le tableau est en pleine lumière. C’est le but recherché. En se reculant par rapport à l’image le cerveau rassemblera les pixels de même couleur, puis comprendra ainsi le tracé composant les traits principaux composant l’image. Ce ‘’voile’’ m’est apparu nécessaire pour celui qui ne s’efforce pas à regarder…comme certaines toiles s’offraient au regard des profanes, des non initiés, la pénombre des églises favorisant le mystère de l’inconnu mais aussi l’intimité du peintre et du tableau.

 On peut regarder ce tableau de près et de loin. Mais pour en découvrir son intimité il faut le regarder à 10 pas au moins. Tout comme « Il en est de la peinture comme de la poésie, certaines te prennent de près, et d’autres de loin » (Horace).

L’ "image" reconstruite est-elle désormais la même ?
 

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