Appréhender le « vécu » des objets

On ne cherche à voir, à comprendre, et à peindre que le temps et la notion d’espace.

 

Le temps figuré, le temps abstrait, le temps figé ou futur. Ce qui m’intéresse dans cette recherche est le temps passé. Celui  passé par l’objet pour accomplir sa tâche, accomplir sa destinée. L’objet nous arrive aujourd’hui, non pas tel qu’à son origine (neuf, ce qu’il a pourtant été), mais marqué ou  déformé par les traces du temps.  Tout comme pour tout être humain, cette notion nous renvoie inévitablement à la question de la mémoire.

 

Le Clou est  marqué à la fois par  la construction de son enveloppe, sa vie propre, et  par son environnement; le travail que l’homme lui a infligé, ou son environnement ‘’familiale’’.

 

On ne peut oublier l’alliance de l’homme et du Clou, l’action de l’homme sur le Clou, sa trace, sa marque inscrite dans et sur l’objet. ( sa façon de le bien ou mal traiter, le façonner, le lier à d’autres matériaux ou objets, le guider ou l’exploiter).

 

L’enveloppe extérieure de l’objet, l’enveloppe de rouille de ce clou, ses cicatrices, peuvent paraître si  banale à certains; pourtant, il s’agit bien là  d’une peau … qui reste sa mémoire intime, barrière témoignant par ses codes, des péripéties de sa vie liée à l’homme. Tout comme nous, cette peau le ‘’protège’’ mais nous révèle son vécu et son présent,  sa personnalité, ses carences. Ces cicatrices, ces accidents de la vie, ces marques,  traduisent de manière codée son parcours, et (dis) fonctionnements psychiques .

 

Sa peau est l’enveloppe de son corps mais elle enveloppe aussi l’appareil psychique .

 

Mon travail de photo et de peinture , « La Mémoire-objet » et le Clou / « Moi-peau », est issu des thèmes brillamment développées par Didier Anzieu. Le lecteur n’étant pas, tout comme moi, psychanalyste, Il me paraît important et nécessaire de résumer les 8 fonctions du « Moi-peau »: